Description
Cette aquarelle originale de Jacques Poncet représente un corps de femme nu allongée vu de dessus, traité avec une liberté gestuelle et une subtilité chromatique caractéristiques de l’artiste. Par de larges aplats transparents et des fondus délicats, Poncet suggère la forme du corps sans la délimiter de manière frontale : il l’évoque, le devine, l’inscrit dans un espace abstrait et enveloppant.
La figure féminine, allongée dans une posture fluide, se fond dans des tonalités chaudes et profondes : bruns, rouges terre, violets, bleus nuit et ocres clairs. Le corps se dissout partiellement dans le fond, comme absorbé par l’atmosphère. L’effet de surplomb donne à la scène une intensité intime, presque silencieuse, et invite à une contemplation purement sensorielle.
Réalisée sur papier, cette aquarelle moderne, signée en bas à droite, témoigne du talent de Jacques Poncet pour capter l’essence du nu féminin avec une économie de moyens remarquable. Elle séduira les amateurs de peinture contemporaine, de nus expressifs, ou de travaux sur papier du XXe siècle.
Artiste figuratif notoire de la scène lyonnaise mais aussi nationale et internationale, Jacques Poncet (1921-2012) avait une maîtrise remarquable de la beauté lumineuse et luxuriante. Jacques Poncet a été repéré dès la fin des années cinquante par le grand galeriste parisien Pierre Loeb, qui présente alors des artistes illustres tels que Picasso, Miro, Kandinsky ou Chagall, et rejoint, dans les années 1960, Léger, Manessier, Tal Coat, Da Silva ou Zao Wou Ki sur les cimaises de la Galerie des Arts. Reconnaissance qui s’institutionnalise en 2000 avec l’entrée de quatre de ses toiles dans la collection d’art moderne et contemporain du Musée de Villefranche-sur-Saône
Ont logiquement suivi bon nombre d’expositions dans d’influentes galeries à Lyon et Paris pour cette figure incontournable de l’Ecole Lyonnaise.
Dans les années 1950, la peinture de Jacques Poncet est encore abstraite, en résonance avec son temps. Mais très rapidement son art devient figuratif. A travers ses cinq grands thèmes de prédilection, il creuse ses sujets sur cinquante ans de peinture puissante et colorée : le nu féminin, les paysages urbains, les arbres, la mer et l’autoportrait.
La nature, la mer, le ciel, les éléments sont une constante source d’inspiration pour l’artiste. Jacques Poncet écrivait lui-même à ce sujet : «tout d’abord je suis attiré par le paysage, mais très rapidement l’eau, le feu (je fais de nombreux dessins d’après les flammes), puis les arbres, les nuages m’intéressent en eux-mêmes pour leur cadence intime. Je découvre lentement l’identité rythmique des choses.»
Les critiques de l’époque saluent tous «la puissance» et «le mouvement» de ces séries éclatantes, lumineuses et abouties, dont « les masses colorées » rappellent l’écriture de Cézanne. «Les paysages (…) abandonnent leur vérité pratique pour faire place à un torrent de force et de couleurs où s’extériorisent, sans outrance (nuance très lyonnaise) les sensations du peintre», commentait le critique René Déroudille au début des années 1960.
Bernard GOUTTENOIRE (critique d’art)
*Cette oeuvre est vendue en l’état, sa nature de bien d’occasion emporte l’acceptation de l’acheteur quant à la possibilité qu’elle puisse comporter des marques d’usage, d’usure, de fragilité, d’ancienneté ou de restauration dues au passage du temps.







